Il n'existe pas de liste exhaustive des faux prêteurs privés, car les escrocs changent de nom chaque semaine ; les listes noires de l'ACPR et de l'AMF aident, mais seule une vérification positive dans REGAFI ou ORIAS prouve qu'un professionnel est autorisé.
Ce que contient la liste noire de l'ACPR
L'Autorité de contrôle prudentiel et de résolution publie une liste noire de sites et d'entités proposant sans autorisation des crédits, des livrets d'épargne, des services de paiement ou des assurances en France. Elle est actualisée régulièrement et relayée par Assurance Banque Épargne Info Service.
Un volume qui montre l'ampleur du phénomène
Au seul troisième trimestre 2024, l'ACPR a ajouté 294 nouveaux sites frauduleux à sa liste noire. Selon son communiqué, environ 70 % de ces nouveaux sites usurpaient l'identité d'établissements financiers réellement autorisés, avec logos copiés et adresses web très proches.
La liste noire de l'AMF, complémentaire
L'Autorité des marchés financiers tient ses propres listes noires, consacrées au Forex, aux crypto-actifs et aux placements atypiques. Un prêteur qui exige un investissement avant le prêt relève souvent de ces listes, comme le décrit notre page sur l'arnaque au prêt en crypto-monnaie.
Pourquoi une absence de la liste ne prouve rien
Les listes noires sont par nature incomplètes : l'ACPR précise elle-même que de nouveaux sites non autorisés apparaissent sans cesse. Un faux prêteur créé hier sur Facebook ou sur un site de petites annonces n'y figure pas encore, d'où l'intérêt d'une vérification positive.
Le registre REGAFI pour les établissements de crédit
Le registre REGAFI, tenu par la Banque de France, recense les établissements de crédit, sociétés de financement et prestataires de paiement autorisés. Une société qui prétend vous accorder un crédit doit y figurer avec le même nom, la même adresse et un agrément valide.
ORIAS et les intermédiaires en crédit
Un courtier ou intermédiaire en opérations de banque doit être immatriculé à l'ORIAS, dont le numéro figure obligatoirement sur ses documents. Recherchez ce numéro vous-même sur le registre officiel et comparez nom, adresse et téléphone avec ceux de votre interlocuteur.
Les fausses listes de prêteurs fiables
Sur les forums et les groupes Facebook circulent des listes de prêteurs prétendument honnêtes, souvent rédigées par les escrocs eux-mêmes. Des témoignages enthousiastes y renvoient vers un même numéro WhatsApp : ce schéma est détaillé dans notre dossier sur l'arnaque au prêt sur les réseaux sociaux.
Pourquoi nous ne publions pas de noms
Les escrocs utilisent des identités volées, parfois celles de véritables notaires, avocats ou chefs d'entreprise. Publier une liste nominative exposerait des innocents et deviendrait obsolète en quelques jours ; mieux vaut apprendre à reconnaître les méthodes, qui, elles, restent très stables.
Les motifs récurrents derrière chaque faux nom
Quel que soit le pseudonyme, le déroulé revient : promesse d'un taux de 2 ou 3 %, absence d'étude de solvabilité, puis frais de dossier, d'assurance ou de déblocage à régler par Transcash, PCS ou crypto-actifs. Ce scénario suffit à écarter l'offre.
Le prêt entre particuliers légal reste occasionnel
En France, prêter de l'argent avec intérêts à titre habituel relève du monopole bancaire prévu par le Code monétaire et financier. Un particulier peut aider ponctuellement un proche, mais une personne qui prête régulièrement à des inconnus sur internet exerce sans agrément.
Les plateformes de financement participatif agréées
Les plateformes de prêt participatif sérieuses détiennent un agrément de prestataire européen de services de financement participatif délivré par l'AMF. Elles financent surtout des entreprises, pas des particuliers en difficulté ; notre guide des sites de prêt entre particuliers explique ces distinctions.
Signaler un faux prêteur pour enrichir les listes
Chaque signalement alimente le travail des autorités : déposez le site ou le profil sur PHAROS, appelez Info Escroqueries au 0 805 805 817 et transmettez les éléments à l'ACPR via ABE Info Service. Notre page signaler une arnaque au prêt privé détaille chaque canal.
Utiliser les listes officielles en cinq vérifications
- Notez le nom exact, l'adresse web, le numéro de téléphone et l'IBAN fournis par le prêteur avant tout échange d'argent.
- Cherchez ces éléments dans les listes noires de l'ACPR et de l'AMF, en testant aussi des variantes orthographiques du nom.
- Vérifiez positivement l'agrément dans REGAFI ou l'immatriculation ORIAS, puis comparez adresse, téléphone et site avec ceux de votre contact.
- Contactez l'établissement authentique avec des coordonnées trouvées vous-même pour savoir si l'offre reçue émane bien de lui.
- Si un doute persiste, interrogez ABE Info Service ou Info Escroqueries avant de signer quoi que ce soit.
- Signalez sur PHAROS tout site ou profil frauduleux, même si vous n'avez rien perdu.
Vérifier un prêteur : gratuit, se tromper : coûteux
| Démarche ou risque | Coût | Remarque |
|---|---|---|
| Consultation des listes noires ACPR et AMF | Gratuit | Accessibles en ligne, mises à jour régulières |
| Recherche dans REGAFI et ORIAS | Gratuit | Vérification positive de l'agrément |
| Appel à Info Escroqueries | Gratuit | Numéro vert en semaine |
| Frais exigés par un faux prêteur | Souvent quelques centaines à plusieurs milliers d'euros, indicatif | Payés en coupons, crypto-actifs ou virements étrangers |
| Déclaration d'un vrai prêt de plus de 5 000 euros | Gratuit | Formulaire 2062 joint à la déclaration de revenus |
Informations à réunir pour contrôler un prêteur
- Le nom complet de la personne ou de la société et sa dénomination commerciale
- Le numéro d'agrément ou d'immatriculation ORIAS annoncé
- Les adresses web, profils de réseaux sociaux et numéros WhatsApp utilisés
- L'IBAN communiqué pour le paiement des frais, avec le pays de la banque
- Les captures d'écran de l'annonce et des messages reçus
- Le projet de contrat ou l'offre de prêt envoyée par courriel
Erreurs fréquentes face aux listes de prêteurs
- Conclure qu'un prêteur est fiable parce que son nom ne figure sur aucune liste noire, alors que les nouveaux sites y sont ajoutés avec retard.
- Faire confiance à une liste de prêteurs honnêtes publiée dans un groupe Facebook, souvent alimentée par les complices des escrocs.
- Se contenter d'un numéro d'agrément affiché sur un document sans vérifier qu'il correspond à la même adresse et au même téléphone.
- Prendre pour argent comptant le nom d'une vraie banque ou d'un vrai notaire utilisé dans un courriel envoyé depuis une messagerie gratuite.
- Payer des frais de dossier ou d'assurance avant le versement du prêt, signe d'escroquerie quel que soit le nom affiché.
Questions sur les listes de faux prêteurs
Où consulter la liste noire officielle des faux sites de crédit ?
L'ACPR publie sa liste noire des sites non autorisés proposant crédits, livrets ou paiements, relayée par Assurance Banque Épargne Info Service. L'AMF publie des listes distinctes pour les placements et les crypto-actifs. Consultez les deux, puis vérifiez l'agrément dans REGAFI ou ORIAS.
Un prêteur particulier peut-il figurer dans REGAFI ou ORIAS ?
Non, un simple particulier qui aide un proche n'a pas d'agrément et n'en a pas besoin. En revanche, une personne qui prête habituellement avec intérêts à des inconnus devrait être un établissement autorisé ; son absence de REGAFI signale une activité illégale.
Faut-il croire les témoignages qui recommandent un prêteur ?
Les témoignages publiés sous des articles, dans des groupes ou sur des forums sont fréquemment rédigés par les escrocs eux-mêmes. Ils emploient souvent les mêmes formules et renvoient vers un contact unique. Aucun témoignage ne remplace la vérification d'un agrément officiel et d'un contrat écrit.
Que faire si je trouve un faux prêteur absent des listes ?
Signalez le profil ou le site sur PHAROS et appelez Info Escroqueries pour décrire le mode opératoire. Vous pouvez aussi transmettre l'information à l'ACPR via ABE Info Service. Ces signalements permettent d'ajouter de nouveaux sites aux listes noires et de protéger d'autres emprunteurs.
