SITE DE PRÊT ENTRE PARTICULIER

SITE DE PRÊT ENTRE PARTICULIER

Que sont les sites de prêt entre particuliers

Les sites de prêt entre particuliers désignent les plateformes en ligne conçues pour mettre en relation prêteurs et emprunteurs, en dehors du circuit bancaire classique, selon des modalités et un cadre réglementaire aujourd'hui très différent de ce qu'il était aux débuts du secteur.

Les sites de prêt entre particuliers sont des plateformes numériques apparues dans les années 2000, destinées à mettre en relation directe des personnes souhaitant prêter de l'argent avec des emprunteurs recherchant un financement, sans jamais passer par une banque traditionnelle ni par un établissement de crédit classique.

Ces sites promettaient initialement des conditions plus souples que les établissements bancaires classiques, avec des taux potentiellement avantageux pour les emprunteurs et une rémunération attractive pour les prêteurs, tout en simplifiant considérablement les démarches administratives habituelles généralement liées à l'obtention d'un crédit.

Le principe reposait sur la mutualisation de l'épargne de nombreux particuliers, répartie sur plusieurs emprunteurs afin de diluer le risque de défaut, une logique proche de l'assurance collective, cette fois appliquée directement au financement entre individus non professionnels agissant à titre privé.

Cette approche s'est heurtée en France à un cadre juridique strict encadrant l'activité de crédit, réservée en principe aux établissements agréés, ce qui a considérablement limité le développement commercial de ces plateformes par rapport à d'autres marchés européens ou anglo-saxons comparables.

L'essor puis le déclin du prêt direct en ligne

Plusieurs acteurs pionniers ont tenté de développer le modèle du prêt entre particuliers en France durant la décennie 2010, avant de se heurter assez rapidement aux contraintes réglementaires strictes imposées par le droit bancaire et financier national alors en vigueur.

Selon plusieurs analyses spécialisées, il n'existe aujourd'hui plus de plateforme véritablement fiable proposant un prêt direct entre deux particuliers inconnus en France, le modèle originel ayant progressivement laissé place à des structures intermédiées et réglementées de façon très différente aujourd'hui.

La réglementation française impose en effet que toute activité habituelle de prêt à titre onéreux soit exercée par un établissement de crédit agréé, ce qui rend juridiquement impossible la survie durable d'un simple site de mise en relation directe, non encadré par un agrément officiel.

Les épargnants doivent donc rester particulièrement vigilants face aux sites se présentant encore comme des plateformes de prêt entre particuliers classiques, ces offres douteuses pouvant dissimuler des tentatives de fraude ou d'escroquerie ciblant spécifiquement des emprunteurs en réelle difficulté financière.

Le nouveau cadre du financement participatif

Le modèle qui a réellement perduré et prospéré en France est celui du financement participatif, ou crowdfunding, qui permet à des particuliers de financer collectivement des projets d'entreprises précis ou des opérations immobilières clairement déterminées et identifiées bien à l'avance par la plateforme.

Contrairement au prêt informel entre deux individus, ces plateformes de crowdlending sont strictement encadrées par la réglementation financière européenne, avec des obligations d'agrément, de transparence et d'information précontractuelle détaillée, destinées à protéger au mieux les investisseurs particuliers participants à ces opérations.

Le ministère de l'Économie précise que ces plateformes doivent obligatoirement être immatriculées ou agréées avant de pouvoir collecter des fonds auprès du public, sous peine de sanctions financières et de fermeture administrative immédiate de leur activité de collecte auprès du public.

Ce cadre réglementé distingue nettement les sites de prêt participatif actuels des anciennes plateformes de prêt direct entre particuliers, puisque l'argent collecté finance désormais des projets clairement identifiés, portés par des entreprises, et non plus des individus inconnus entre eux.

Le statut de prestataire de services de financement participatif

Depuis novembre 2023, les plateformes proposant des prêts rémunérés ou des investissements en capital doivent obtenir le statut européen de prestataire de services de financement participatif, remplaçant définitivement les anciens statuts nationaux français d'intermédiaire ou de conseiller en investissement participatif.

Le règlement européen encadrant ce statut impose des exigences de fonds propres, de gouvernance et de gestion des risques, garantissant ainsi une supervision harmonisée et cohérente de ces plateformes financières à l'échelle de l'ensemble des vingt-sept pays membres de l'Union européenne.

L'Autorité des marchés financiers publie une liste régulièrement mise à jour des plateformes agréées, permettant ainsi à tout investisseur intéressé de vérifier facilement et gratuitement la légitimité exacte d'un site donné, avant d'y placer durablement son épargne personnelle durement constituée.

Le statut d'intermédiaire en financement participatif, contrôlé par l'Autorité de contrôle prudentiel et de résolution, subsiste uniquement pour les plateformes proposant des prêts sans intérêt à titre gratuit ou des dons, hors du champ d'application direct du nouveau règlement européen relatif au financement participatif.

Le rôle de l'AMF et de l'ACPR

L'Autorité des marchés financiers est désormais compétente pour octroyer et retirer l'agrément des prestataires de services de financement participatif, en coordination étroite avec l'Autorité de contrôle prudentiel et de résolution, notamment pour toutes les activités liées à la facilitation de prêt.

L'ACPR précise que son avis conforme est requis lorsque le programme d'activité d'une plateforme candidate comprend la facilitation de l'octroi de prêts, ce qui garantit concrètement un double niveau de contrôle prudentiel renforcé sur ce type précis d'activité financière sensible.

Ces deux autorités disposent également d'un pouvoir de sanction en cas de manquement grave, pouvant aller jusqu'au retrait pur et simple de l'agrément accordé, notamment en cas de défaillance grave constatée dans la gestion quotidienne et rigoureuse des fonds collectés auprès du grand public.

Cette double supervision institutionnelle vise à restaurer la confiance des épargnants dans le secteur du financement participatif, après les excès parfois constatés chez certains acteurs peu scrupuleux, durant les toutes premières années de développement de ce jeune marché financier français.

Vérifier la fiabilité d'une plateforme

Avant d'utiliser un site de prêt entre particuliers ou une plateforme de financement participatif, il est essentiel de vérifier son immatriculation officielle auprès des autorités compétentes, plutôt que de se fier uniquement à son apparence professionnelle soignée ou à sa communication commerciale bien rodée.

Le registre unique tenu par l'Orias permet de consulter gratuitement le statut exact d'un intermédiaire en assurance, banque ou finance, en indiquant précisément sa raison sociale exacte, son numéro d'immatriculation officiel et les activités précises qu'il est légalement autorisé à exercer.

Pour les plateformes de financement participatif agréées, la consultation de la liste blanche publiée par l'Autorité des marchés financiers permet de confirmer que l'acteur concerné dispose bien, à jour, du statut de prestataire de services de financement participatif requis pour exercer.

Il convient également de se méfier des promesses de rendement anormalement élevées, de la pression exercée pour investir rapidement, et de l'absence de mentions légales claires, autant de signaux caractéristiques régulièrement observés sur des sites frauduleux ou n'ayant jamais été régulièrement déclarés aux autorités.

Le fonctionnement concret d'une plateforme de crowdlending

Sur une plateforme de crowdlending agréée, l'investisseur particulier sélectionne un projet précis, immobilier ou entrepreneurial, et y place une somme définie, généralement modeste, dans le cadre d'une collecte publique regroupant généralement plusieurs dizaines, voire plusieurs centaines d'investisseurs particuliers différents et indépendants les uns des autres.

En contrepartie de son investissement, le prêteur perçoit des intérêts fixés à l'avance selon un échéancier de remboursement, avec un rendement annuel affiché qui varie généralement entre six et quatorze pour cent, selon le niveau de risque réellement assumé par l'investisseur.

La plateforme assure l'intermédiation complète de l'opération, depuis l'analyse préalable du dossier du porteur de projet jusqu'au suivi des remboursements, en prélevant au passage une commission raisonnable sur les fonds collectés ou directement sur les intérêts versés aux prêteurs participants à l'opération.

Contrairement au prêt informel entre deux particuliers, ce modèle intermédié offre davantage de traçabilité et de professionnalisme dans l'analyse du risque, sans pour autant garantir le capital investi, qui demeure pleinement exposé, comme tout placement financier, à un risque bien réel de perte partielle ou totale du capital.

La fiscalité des intérêts perçus

Les intérêts perçus via une plateforme de prêt participatif constituent des revenus de capitaux mobiliers, soumis en principe au prélèvement forfaitaire unique de trente pour cent, sauf option contraire expressément formulée par le contribuable pour le barème progressif classique habituel de l'impôt sur le revenu.

Ces revenus doivent être déclarés chaque année à l'administration fiscale, la plateforme transmettant généralement un récapitulatif annuel des sommes perçues, facilitant ainsi grandement la déclaration annuelle de l'investisseur particulier concerné sur sa propre déclaration de revenus habituelle transmise chaque printemps.

En cas de défaut de remboursement d'un projet financé, les pertes en capital peuvent, sous certaines conditions strictes fixées par la loi, être imputées, sous conditions, sur les revenus de même nature perçus la même année ou au cours des années suivantes.

Il est recommandé de conserver soigneusement tous les documents fournis par la plateforme, relevés de compte, contrats de prêt et attestations fiscales annuelles, afin de pouvoir justifier pleinement ses déclarations annuelles en cas de contrôle ultérieur mené par l'administration fiscale française.

Les risques à connaître

Investir via un site de prêt entre particuliers ou une plateforme de financement participatif comporte un risque réel de perte partielle ou totale du capital investi, en cas de défaillance avérée et constatée du projet financé, ou de l'entreprise emprunteuse elle-même concernée par la collecte de fonds.

Le risque de liquidité constitue également une contrainte majeure : les sommes investies restent généralement immobilisées pendant plusieurs mois, voire plusieurs années, sans aucune possibilité réelle de retrait anticipé avant l'échéance précisément prévue et signée dans le contrat de financement conclu.

La diversification des investissements sur plusieurs projets et plusieurs plateformes différentes permet de limiter l'impact d'un défaut isolé, une règle de prudence essentielle, constamment rappelée par l'ensemble des professionnels sérieux et reconnus qui opèrent dans le secteur du financement participatif français.

Enfin, l'absence de garantie de l'État sur les sommes investies distingue nettement ces placements des produits d'épargne réglementée classiques, ce qui impose à chaque investisseur réellement prudent de n'engager, dans ce type de placement, que des sommes dont il peut assumer la perte totale.

Bonnes pratiques et alternatives

Avant de s'orienter vers un site de prêt entre particuliers ou une plateforme de financement participatif, il reste toujours utile de comparer sérieusement cette option avec un crédit bancaire classique, ou tout simplement un livret d'épargne réglementée bien plus sécurisé.

Pour un besoin ponctuel de financement entre proches, un prêt familial formalisé par un écrit et respectant les obligations déclaratives reste très souvent une solution plus simple, plus rapide et bien plus sûre qu'un passage par une plateforme numérique intermédiée quelconque.

Lire attentivement les statistiques publiées par chaque plateforme, notamment le taux de défaut historique et le rendement net réellement constaté, permet de faire un choix réellement éclairé, plutôt que de se fier uniquement aux promesses commerciales largement affichées sur le site concerné.

En définitive, les sites de prêt entre particuliers ont largement cédé la place à des plateformes de financement participatif réglementées, plus sûres pour les investisseurs particuliers, mais nécessitant malgré tout une vérification rigoureuse et systématique avant tout engagement financier réellement durable.