Le financement participatif, prolongement encadré du prêt entre particuliers, permet à des particuliers de financer un projet par dons, prêts ou actions via une plateforme ; pour les prêts rémunérés, celle-ci doit détenir l'agrément européen de prestataire de services de financement participatif délivré en France par l'AMF.
Trois familles de crowdfunding à distinguer
Le financement participatif recouvre le don avec ou sans contrepartie, comme sur Ulule, le prêt rémunéré ou non, et l'investissement en titres. Chaque famille relève d'un régime différent, et le prêt rémunéré entre particuliers est désormais encadré par un règlement européen.
Le règlement européen 2020/1503 et le statut PSFP
Depuis le 10 novembre 2021, les plateformes de prêts rémunérés relèvent du règlement européen sur les prestataires de services de financement participatif. Après une transition achevée en novembre 2023, ce statut a remplacé les anciens régimes français de CIP et d'IFP pour ces activités.
Le rôle de l'AMF et le registre de l'ESMA
En France, l'Autorité des marchés financiers agrée et contrôle les PSFP. Avant de prêter, consultez le registre public de l'Autorité européenne des marchés financiers, qui liste les prestataires autorisés dans toute l'Union et permet de démasquer une plateforme clonée.
Plafond de collecte : 5 millions d'euros par projet
Un même porteur de projet ne peut lever plus de 5 millions d'euros sur douze mois via les plateformes agréées dans l'Union. Au-delà, le financement relève du régime du prospectus, plus lourd, réservé aux opérations de taille importante.
Test de connaissances et simulation de pertes
Un investisseur non averti doit passer un test d'entrée sur les risques et simuler sa capacité à supporter des pertes, calculée sur 10 % de son patrimoine net. La plateforme l'avertit lorsqu'un investissement dépasse 1 000 € ou 5 % de ce patrimoine.
Un délai de réflexion de quatre jours
Après chaque offre d'investissement, l'investisseur non averti dispose de quatre jours calendaires pour révoquer son engagement sans motif ni pénalité. Une plateforme qui exige un paiement immédiat et irrévocable contourne cette protection prévue par le règlement européen.
Prêter à une PME ou à un projet d'énergie renouvelable
Les plateformes de crowdlending financent surtout des PME, des promoteurs immobiliers et des parcs solaires. Les particuliers tentés par la transition énergétique peuvent aussi lire notre page sur le financement de panneaux solaires entre particuliers, qui distingue projet collectif et installation individuelle.
Risque de défaut et absence de garantie
Le capital prêté n'est couvert ni par le Fonds de garantie des dépôts ni par une assurance publique. Les retards et défauts sont fréquents en promotion immobilière ; diversifier sur de nombreux projets et lire la fiche d'informations clés sur l'investissement limite l'exposition.
Imposition des intérêts versés par la plateforme
Les intérêts versés par une plateforme relèvent en principe du prélèvement forfaitaire unique, avec option possible pour le barème progressif. La plateforme transmet un imprimé fiscal unique ; les règles détaillées figurent sur notre page consacrée aux impôts du prêt privé.
Porteur de projet : préparer sa campagne de collecte
Une entreprise qui sollicite des prêteurs via une plateforme fournit bilans, prévisionnel et garanties éventuelles. Pour un financement plus modeste auprès de proches, notre guide du crédit d'entreprise entre particuliers présente la reconnaissance de dette et le compte courant d'associé.
Les fausses plateformes de prêt entre particuliers
Des sites promettant 12 % garantis, imitant le nom d'acteurs agréés, apparaissent régulièrement sur la liste noire de l'AMF. Leurs fonds partent souvent vers des comptes étrangers ou des portefeuilles de cryptomonnaie, et les retraits deviennent impossibles après les premiers versements.
Signaler une offre suspecte en France
Une proposition d'investissement douteuse se signale à l'AMF via Épargne Info Service, ou sur Signal Conso. Si vous avez déjà versé de l'argent, déposez plainte, prévenez votre banque et méfiez-vous des cabinets proposant de récupérer les sommes perdues.
Prêt entre particuliers via une plateforme de financement participatif
- Vérifier l'agrément PSFP de la plateforme dans le registre de l'ESMA et consulter les listes noires de l'AMF.
- Lire la fiche d'informations clés sur l'investissement de chaque projet, ses garanties et son historique de défauts.
- Passer le test de connaissances et la simulation de capacité à supporter des pertes.
- Investir des montants modestes répartis sur plusieurs projets et plusieurs secteurs pour limiter le risque.
- Utiliser le délai de réflexion de quatre jours pour relire l'offre avant engagement définitif.
- Conserver l'imprimé fiscal unique annuel pour déclarer les intérêts perçus.
Frais et rendements du crowdlending
| Élément | Ordre de grandeur (indicatif) | Précision |
|---|---|---|
| Frais pour le prêteur | Souvent nuls ou faibles | Varient selon la plateforme, à lire dans les conditions générales |
| Commission prélevée sur le porteur de projet | Pourcentage de la collecte | Fixée par chaque PSFP |
| Intérêts perçus | Prélèvement forfaitaire unique | Option pour le barème progressif possible |
| Collecte maximale par projet | 5 millions d'euros sur 12 mois | Règlement européen 2020/1503 |
| Seuil d'avertissement | 1 000 € ou 5 % du patrimoine net | Pour l'investisseur non averti |
Ce que la plateforme vous demandera
- Pièce d'identité en cours de validité
- Justificatif de domicile récent
- RIB à votre nom pour les remboursements
- Questionnaire de connaissances et d'expérience
- Déclaration de patrimoine net pour la simulation de pertes
- Imprimé fiscal unique conservé chaque année
Erreurs fréquentes en financement participatif
- Investir sur une plateforme absente du registre de l'ESMA parce qu'elle affiche un logo d'autorité de contrôle.
- Croire à un rendement garanti de 10 % ou plus, promesse incompatible avec un prêt réellement risqué.
- Placer toute son épargne de précaution dans un seul projet immobilier, sans diversification ni réserve disponible en cas de coup dur.
- Payer par cryptomonnaie ou virement vers un compte étranger au nom d'une personne physique.
- Confondre une cagnotte de dons avec un prêt, puis exiger un remboursement que rien ne prévoit.
En bref
Le financement participatif permet de soutenir un projet par dons, prêts ou actions ; pour un prêt entre particuliers rémunéré, la plateforme doit détenir l'agrément PSFP délivré par l'AMF. L'investisseur bénéficie d'un test de connaissances et d'un délai de réflexion, mais reste exposé au risque de défaut. Méfiez-vous des fausses plateformes de prêt entre particuliers.
FAQ sur le crowdfunding et le crowdlending
Une plateforme de dons doit-elle être agréée PSFP ?
Non. Les plateformes de dons avec ou sans contrepartie ne relèvent pas du règlement européen sur le financement participatif. Elles doivent néanmoins respecter les règles des services de paiement lorsqu'elles encaissent des fonds pour le compte des porteurs de projet.
Combien peut-on placer en prêts entre particuliers via une plateforme ?
Le règlement européen ne fixe pas de plafond pour l'investisseur, mais impose des avertissements au-delà de 1 000 € ou de 5 % du patrimoine net pour un non averti. Prudence : ne prêtez que des sommes dont la perte totale ne vous mettrait pas en difficulté.
Peut-on récupérer son argent avant l'échéance ?
En général non : le prêt court jusqu'au terme prévu. Certaines plateformes proposent un tableau d'affichage permettant de céder ses créances à d'autres investisseurs, sans garantie de trouver preneur ni de récupérer la valeur nominale.
Comment reconnaître une fausse plateforme de crowdlending ?
Elle promet un rendement fixe garanti, n'apparaît pas au registre de l'ESMA, utilise un nom proche d'un acteur connu et presse de verser vite. Vérifiez aussi la liste noire de l'AMF et méfiez-vous d'un conseiller qui vous contacte par WhatsApp.
